jeudi 9 août 2012

Alexander & Teresa "Allée Dumanoir"


Teresa redoute la force des cylones qui dévastent tout sur leur passage, abîmant les plus beaux paysages de Karukéra. Karukéra, c'est l'ile en papillon qui a vu naître son bien-aimé. Téresa sait qu'il voudrait se marier dans le cadre de ces palmiers royaux à l'Allée Dumanoir. Elle se souvient de la description des lieux, faite par Alexander.

L’Allée Dumanoir

« L’accident a eu lieu à l’allée Dumanoir » murmurait-on dans le voisinage. Nous savions que le choc des automobilistes avec les palmiers royaux était souvent meurtrier. A Capesterre-Belle-Eau, ce lieu avait frappé l'imagination populaire au point d'être qualifié de  "second cimetière", à quelques centaines de mètres du vrai cimetière communal. A peine sorti du bourg en venant de Pointe-à-Pitre, les filaos languissants semblent avec résignation préparer le cortège de chaque côté de la voie. A l’époque, les vicaires devenus plus tard évêques, nous avertissaient bien avant l’hôpital de funérailles à célébrer. Jean, neveu d’un des prêtres, se chargeait de l’encensoir et moi je portais la croix. Enfants de chœur, nous n’arrivions plus à compter les victimes de ces carambolages. Tant de larmes versées ne décourageaient point les chauffeurs pressés d’entretenir la réputation lugubre de cette route qui marque une des entrées du bourg de Capesterre. Et pourtant, cette allée a toujours fait rêver avec ses arbres qui s’élancent vers le ciel d’un bleu immaculé. Elle donne l’illusion d’émerger d’une forêt luxuriante en bordure de la mer. Les palmiers à la file indienne de chaque côté surveillent la Soufrière, le volcan capricieux qui surplombe l’île visitée par Christophe Colomb le 3 novembre 1493 .
A l’origine,  une allée  s'ouvrait avec une double rangée de palmiers royaux, plantés vers 1850. Les chevaux y avaient une véritable piste pour accélérer mais avec les chevaux-vapeur les chevaux -machines trop puissants perdaient parfois la raison sur l’allée devenue route asphaltée avec son dénivelé d’antan. Les tragédies ne découragent pas les uns et les autres de revenir vers cet endroit paisible du nom d’un membre de la famille PINEL-DUMANOIR. L’Allée Dumanoir longue de plus de 1km avec ses quelques 400 palmiers royaux reste majestueuse. En l’espace d’un siècle, les cyclones et vent violents n’ont pas manque de décapiter quelques palmiers qui leur résistaient avec arrogance tout en s’acharnant le bananeraies qui les côtoient. Les palmiers comme les bananiers sont alors replantés et ce tronçon de route en pleine verdure retrouve très vite un décor cinématographique. A ce titre l’Allée Dumanoir demeure une  véritable scène  que privilégient les jeunes mariés pour  se faire photographier et figer leurs souvenirs amoureux pour l’éternité.
Le poète Saint-John Perse, de son vrai nom Alexis Léger a lui aussi maintes fois évoqué cette allée dans ses souvenirs d'enfance. Rien de surprenant pour celui qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1960 puisqu'il a grandi dans l'habitation Bois-Debout juste à l’entrée de ce couloir magnifique.
Aujourd’hui, la route nationale a été déviée et l’Allée Dumanoir semble avoir retrouvé sa sérénité. Les piétons et les automobilistes se réapproprient cette route prestigieuse qui est véritable patrimoine pour cette région qui m’a vu naître et pour l’île transformée en terre de champions sportifs, le dernier en date cinq fois champion du monde de judo Teddy RINER .

texte et photos by Alex J. URI

Alexander et Teresa "Rafales"











Alexander et Teresa
Feuilleton été 2012
Episode 06
« Rafales »

Teresa toujours à la Réunion apprend qu’une tempête tropicale menace les Antilles. Avant de s’endormir, elle lit un des poèmes d’Alexander qui rappelle les dégâts causés par l’ouragan dévastateur Hugo.

Rafales


Réveillée par le vent qui hurle sa vaillance
Je mets le nez dehors et mes narines gonflent.
La mer ébouriffée vomit et se dégonfle.
Des cumulonimbus charrient des turbulences.


Sous un ciel armé de violentes rafales
Dans ma petite île embouteillée tout s’entasse.
Sur les flots brouillés, les barques boivent la tasse.
Ma robe déchirée, dans la rue je m’affale.


L’onde tropicale vient de changer de visage ;
Elle frappe avec rage les arbres et les rivages.
Dans l’œil du cyclone, toutes les cases s’angoissent.


A colmater les brèches, tous les secours s’essoufflent :
L’ouragan explose dès lors murs et paroisses.
Les victimes d'Hugo ont retenu leur souffle.



(Alex J. URI
Paris le 13 mai 2012)

Alexander et Teresa "Urgences"








Alexander et Teresa
Feuilleton été 2012.
Episode 05
URGENCES
Teresa est en voyage à la Réunion dans l’Océan indien et se trouve dans le nord et l’ouest de l’île Bourbon. Elle apprend qu’Alexandre a été admis d’urgence dans un hôpital parisien. Une infirmière lui apprend que la femme d’Alexandre, une belle créole est déjà sur place. Teresa ne comprend pas parce qu’Alexander vit seul et il a passé quelques jours avec elle à la Réunion

Mon bien-aimé Alexander,

Tôt ce matin, je viens de parcourir le chemin des Anglais. J'ai effectué là une belle marche car l’itinéraire est en pente dans cette île montagneuse. Beaucoup de randonneurs le pratiquent pour préparer ce qu’on appelle le grand raid. En fin de compte, il s'agit d'un vieux chemin de porteurs à l’époque de l’esclavage.

Je sais que tu es couché dans cette chambre d’hôpital qui te plonge dans la solitude. Je n’entends pas ton cœur qui bat et pourtant je le devine aujourd’hui mais j’ai eu peur, tu sais, quand j’ai appris l’intervention des pompiers dans ton immeuble.

J’ai appris que tu accueillais ta belle créole parfumée des îles, les bras chargés de victuailles. En lui donnant une accolade chargée de désirs, un malaise inattendu te fit tituber. Un moment de panique vite maîtrisé par cet ange des Caraïbes dépêché par une main divine avec l’arrivée des secours.

Aujourd’hui, c’est elle qui regarde ta poitrine couverte d’une forêt de fils et d’électrodes. C’est elle qui voit les perfusions qui t’alimentent. C’est elle qui voit les machines s’affoler quand tu respires.

 J’avais la main sur mon sein gauche quand j’ai lu sur l’écran de mon téléphone le message d’urgence. A ce moment là, juste après mon bain, je m’appliquais une onction d’huile de tiaré autour du mamelon gauche sur lequel tes lèvres aiment s’attarder délicatement les soirs de pleine lune. Je sentis ramper en moi une inquiétude envahissante. Elle allait de mes orteils que souvent tu caresses, à mes cheveux que toujours tu décoiffes dans ton ardeur câline.

Soudain, mon ventre palpita à l’idée que tes mains ne pourraient plus l’effleurer à la lune gibbeuse montante. Prise d’un léger vertige, je m’effondrai sur notre lit encore imprégné de ton odeur insolente. J’offris alors le reste de mon corps perlé de gouttes d’eau au drap esclave de nos désirs sous les Tropiques. Je voulais effacer la distance et le temps pour te prendre dans mes bras.

Dans une autre île volcanique, tu as semé des mots qui ont entaillé des chairs et laissé des sillons dans les cervelles. Alors, une belle négresse priait Notre Dame d’intercéder pour toi, pour que cette éclipse n’assombrît point ta vie.
Moi aussi, mon bien-aimé, je cherchais à me débarrasser de mes angoisses et mes peurs. Moi, je t’ai marqué du sceau de mes baisers. Je t’ai enveloppé de tout mon corps. J’ai toujours chuchoté mes délires, mes désirs et mes plaisirs à tes oreilles.
Teresa,
ta Sapotille.
(Alex J. URI
Paris le 7 mai 2012

Alexander et Teresa " la parole de Dieu"

Alexander et Teresa
Feuilleton été 2012 .
Episode 04
"La parole de Dieu"
Pour des raisons que, pour l’instant, il ne cherche pas à comprendre, Alexander a décidé d’écrire un document après avoir posté sur un réseau social "The preacher...
’s wife", un clip vidéo avec Whitney Houston. Il avait également reçu un message de Teresa qu’il aimait beaucoup mais qui s’ingéniait à lui dire qu’elle ne l’aimait pas. Le 11 février , elle a émis le vœu que Notre Dame Lourdes, honorée ce jour là, puisse le prendre avec sa famille sous manteau. Teresa quitte l’église Saint Pierre et Saint Paul aux Antilles et se souvient de sa rencontre avec Alexander à Paris.
La parole de Dieu


Un jour, je fis une rencontre que je n'arrivais pas à comprendre. J'avais fait le deuil du désir et je m'étais mis au service de Dieu. Ce jour là, il se passa quelque chose entre cet homme et moi, à l'église même et pendant la messe. J'entendis le feu de ses yeux.

En l'espace de 90 jours, Alexander me proposa trois choses que je refusai pour de bonnes ou de mauvaises raisons: une prière, un chapelet, un pèlerinage. Pour ne pas me perdre, il ne fit pas l'amour avec moi, alors qu'il semblait vouloir me dévorer, alors même que je lui en avais offert l'opportunité, c’est vrai une seule fois.

Il parlait parfois avec beaucoup de certitudes sans chercher à démontrer. Je ne lui donnais pas l’impression de m’intéresser aux souffrances dont il voulait me parler. Il voulait me rendre visite pour mettre sa tête sur mon épaule et une fois de plus, je rejetai sa proposition toujours pour de bonnes et de mauvaises raisons.
Alexander ne cessait de me dire qu'il m'adorait et qu'il m'aimait mais moi, fière de ma congruence, je faisais la sourde oreille. Et pourtant, je n'avouais que sur le bout des lèvres que j'étais attaché à lui mais que je n'aimais que celui, le Christ, que j'avais rencontré. Il ne comprenait pas pourquoi mon Amour pour Dieu qu'il partageait absolument pouvait être un obstacle à notre amour à nous.

Il avait bien du mal à comprendre mes refus, alors que je ne cessais de me référer à la parole de Dieu. Je ne rendais pas compte que je lui parlais comme si moi j'étais pure et que lui était bourré d'impuretés. J'avais un discours et un positionnement que je devais défendre à tout prix.

Mes trois refus l'avaient beaucoup affecté et je ne m’en étais pas aperçue. Il me disait " les mots m'échappent parce que je veux pas vous égratigner". Je ne voulais pas accepter que ce que je ressentais pour se révélait plus profond que je ne le pensais. J'avais toujours besoin de tout maîtriser mais lui c'était un conquérant. J'avais peur de moi et pour me protéger de lui, mes propos étaient blessants. Je me contentais de le renvoyer avec ses désirs. Je l'accusais même de m'avoir entraînée dans une forme de luxure. Pourtant sans qu’il intervienne, mon corps se réveillait à distance. Quand je priais, il s’infiltrait dans mes pensées et je l’y associais. Quand il m’envoyait un message d’amour, je ne répondais pas sur le même ton pour le décourager. Il recommençait le lendemain. Selon lui, ma raison avait détourné le message que mon cœur avait écrit. Il m’appelait par mon prénom parce que je l’exigeais. Rien ne le démobilisait. Son amour avait besoin de m’interpeller avec des noms de fruits exotiques ou d'animaux sauvages illustrant  ses  sentiments ou ses sensations..
C’était un enfant gâté. Il osa me dire que je ne priais pas assez pour lui. Cela ne le gênait pas me faire ce type de réclamation comme si j’étais une religieuse à son service. C’est vrai que dans sa jeunesse, elles semblaient lui avoir fait des confidences. Tout le couvent priait pour lui. Elle voyait déjà en lui un prêtre, leur prêtre à elles devant qui elles n’auraient même plus besoin de se confesser. Voilà ce que j’avais en face de moi. Quel capricieux ! A la messe avec moi, il était dissipé. Il n’avait jamais le missel ouvert à la bonne page pour suivre l’office. J’échangeais le mien déjà repéré contre le sien. Il fallait de surcroît lui montrer du doigt à quel ligne se trouvait le chœur. Alors, il se mettait à fredonner un air loin d’être au diapason de l’hymne chanté. Il ne se mettait jamais à genoux au bon moment. Il avait son rythme à lui comme s’il assistait à une autre messe. Il semblait prendre du plaisir à se rendre à l'église avec moi. Cela m'amusait car par ce biais il cherchait à occuper à la fois mon espace et mon esprit.Quand la messe était terminée, il avait un regard de fauve qui prenait le temps de me lécher. J’avoue que je sentais une chaleur qui m’enrobait doucement tout le corps.

Alexander et Teresa "L'alizé et la berceuse"












Alexander et Teresa
Feuilleton été 2012
Episode 03
 « L’alizé et la berceuse »

  « Ma lionne adorée,
Je sais que dans la foule qui accueillait les premiers vacanciers, vous étiez là à l’aéroport. Vous vouliez m'offrir la mangue que vous aviez tout spécialement cueillie pour moi. Elle mûrissait de la chaleur de vos mains moites et mais aussi de vos émotions. Vous étiez en train de la couver pour que, juteuse, elle puisse éclore dans ma bouche.
Vous attendiez avec impatience mon regard qui, d’habitude, vous enflamme. Vous êtes déjà une femme incandescente et j’ai bien peur que cette lave en descente ne me consume et ne me transforme tout mon paysage en cendres. Je ressens déjà la vapeur. De loin, je vois couler les laves. Ce cratère gluant et rougeoyant qui s’ouvrait au ciel comme une orchidée rose, c’est peut–être vous.
Suis-je vraiment digne de votre feu ? Voulez que je me soumette pour que vous m’engloutissiez là même où vous expulsez la vie dans la nuit noire ?
C’est vrai que vos mots m’enlacent mais c’est aussi vrai que vos phrases m’enchaînent, que je suis sous hypnose quand votre voix me rassure.
Je plonge dans un demi-sommeil pour vous faire exister dans mes rêves et vous voir disparaître dans cette réalité qui m’effraie.
Il y a tout qui bouge en moi. Le désir s’impatiente. Ma joue collée à mon oreiller, je sentais vos lèvres gourmandes. Je rabattis ma main gauche sur l’oreiller à plumes pour faire de lui une tête que je m’évertuais à caresser.
J’ai été imprimé de votre regard complice et somptueux. Dans notre échange virtuel, j’ai écouté vos paroles prudentes et vertueuses. Mes réponses s’affichaient rassurantes, paisibles en apparence et au diapason. Alors, mon cœur se mit à battre un peu plus vite, mon corps s’enfiévra doucement et ma peau devint humide. J’ai eu l’impression de subir une transfusion d’une partie de vos organes vers les miens et je vous sentais en moi dans toutes mes terminaisons nerveuses.
Cette nuit, je pouvais faire ce que je voulais de vous, sans peur, sans retenue. C’était une chance pour moi de chercher cette jeune femme timide et désirable qui sommeille encore en vous . C'était aussi une chance pour vous d'être vous contre vous, d'être vous avec moi, d'être vous en moi, comme moi en vous.
Sur mon lit à baldaquin, vous êtes assise dans la position d’un bouddha et nous avons parlé des Cahiers du retour au pays natal d’Aimé Césaire et de ses poèmes Ferrements. Comme Césaire, je dirai que nous pouvons trouver le secret de grandes combustions.
Vous savez, Il fait encore chaud dans la plantation. Venez avec moi sur la véranda. L’alizé coquin passe allègrement sur la berceuse qui nous attend. »

Alexander et Teresa "l'aéroport du Retour-au-Paysnatal"










Alexander et Teresa
Feuilleton de l'été 2012
Episode 02
«  L'aéroport du Retour-au-Paysnatal  »


"Ma Sapotille,

Je suis à l’aéroport Retour-au-Paysnatal. Je tremble à l’idée que vous ne viendriez pas m’accueillir. J’ai pourtant l’impression de voir au loin danser votre silhouette dans une foule colorée qui s’approche et reconnaît déjà les siens. Me voilà partageant des effusions, me voilà objet de sourires et de joies, me voilà à l’écoute de mots pleins de douceur. Respire. Me voilà au contact de lèvres et de joues qui ne m’attendaient pas, me voilà enlacé par des bras qui ne veulent plus me lâcher, me voilà avec épaules devenues mouchoirs pour des larmes si chaudes. Silence. Me voilà dans un choc de poitrines gonflées d’émotions, me voilà collé à un corps que je dois désormais apprivoiser, me voilà retrouvant mes bagages pour aller dans notre maison en tôle. Bonheur.
Je suis envahi par cette chaleur qui, comme vous, m’enveloppe. Je ressens cet air chaud qui me fait transpirer. J’ai l’impression d’être reconnecté à mon nombril enterré quelque part sous le vieux manguier de la dame près du château d’eau. C’est cela retrouver la terre natale, la terre qui m’a nourri pour me faire exister et pour vous irradier.
Mes vibrations s’infiltrent en vous, cheminent avec les vôtres et vous en êtes possédée .Je pense à vous m’agenouillant sur cette terre qui a entendu mon premier cri. Je veux, que ce cri qui est en moi résonne dans votre forêt. Je veux, que cette forêt s’anime de tous les cours d’eau qui explosent à l’embouchure. Je veux, que les cieux s’en mêlent et que les orages et les averses s’apprêtent à rythmer notre rencontre effervescente et folle."

Alexander de Guadeloupe et Teresa de Trinidad











 Alexander de Guadeloupe
 et
Teresa  de Trinidad


Feuilleton de l'été 2012
épisode 01
 « le feu de vos yeux »

J’avais le regard émerveillé car ce qui s’offrait à moi je ne l’attendais pas. J’avais les yeux hébétés car je voyais ce qui m’avait été jusque là entrouvert. Très rapidement, j’ai eu le sentiment que des barrières de protection s’effondraient. Il était clair que Dieu avait sondé nos cœurs et nos reins.

Je l’avais là en face de moi pour lui donner toutes les petites attentions qu’elle refusait mais qu’elle désirait secrètement. Elle était vraiment moulée comme une amphore. Dans ces moments de lucidité, elle avait déjà compris depuis bien longtemps. En effet, nos échanges étaient intenses. Il n’y avait plus aucune illusion à entretenir sur une possible sublimation. La réalité était incontournable. Je n’arrivais et elle n’arrivait pas non plus à résister. Elle n’acceptait pas qu’il s’ agissait là d’une réponse divine et donc inattendue à nos prières respectives. Elle manquait d’amour, cela se sentait et c’était une forme de pauvreté que je venais de découvrir chez elle mais qu’elle avait réussi à camoufler. Ce qui m’attristait, c’est qu’elle avait oublié de s’aimer.

Nos coeurs se mirent à orchestrer un vacarme. J’entendais le souffle de son désir qu’elle voulait contenir mais c’était déjà trop tard. Le sofa avait déjà les empreintes de son corps. Elle avait donc le passeport des lieux pour s’évader avec moi

Je pris ainsi le temps de chuchoter à ses oreilles : « je vous adore mon amour depuis l’instant où  tous deux agenouillés côte à côte dans cette basilique, je n’ai entendu plus que le feu de vos yeux. »
J’avais atteint un ciel que je ne connaissais pas et elle m’apaisa de ses mains larges et feutrées sur mon dos en me ramenant doucement sur sa poitrine. Je venais de m’évader dans ce corps gracieux que mes lèvres n’avaient cessé parcourir. En fait, je ne faisais que retrouver en elle ma copie conforme qu'elle relâchait pendant nos étreintes. Mon ange gardien me précédait car elle emmenait toujours  avec elle. Je ne manquais donc pas les rencontres qu'elle pouvait organiser  avec nos amis du ciel.