mercredi 31 août 2011

Le bain de jouvence à Saint Claude, Guadeloupe



Les bains jaunes de Saint Claude, Guadeloupe



C’est un bain  de  jouvence qui nous vient des entrailles du volcan, la Soufrière.
Dans les hauteurs de Saint-Claude, l’eau jaillit avec force et elle se répand dans un bassin que l’on nettoie  régulièrement.
L’eau brûlante prend un circuit alambiqué près du cœur  et des flancs intérieurs de la Soufrière, se glisse  sous  le sol de la forêt luxuriante,   se déverse  dans les vasques des Bains jaunes  et  se transforme en ruisseau  sinueux  dévalant la pente  jusqu’au pied du volcan.
 Le site des bains jaunes à Saint Claude est un passage obligé pour tous ceux qui sont  en visite à la Guadeloupe. C’est un lieu historique qui affiche des vertus  salvatrices . Il offre une eau soufrée à 28°C accessible à tous gratuite  et  qui porte  une  certaine paix à ceux que  les douleurs musculaires et l’inconfort asthmatique perturbent .  La source naturelle des bains jaunes  est un espace thermal comme  tant d’autres en Guadeloupe  qui illustre bien Karukera le nom d’île aux belles eaux  que les Caraïbes ont donné  à l’archipel.

Textes et photos by Alex J. URI

lundi 29 août 2011

L’Allée Dumanoir à Capesterre-Belle-Eau



L’Allée Dumanoir: Le couloir majestueux
de Saint-John Perse

« L’accident a eu lieu à l’allée Dumanoir » murmurait-on dans le voisinage. Nous savions que le choc des automobilistes avec les palmiers royaux  était souvent meurtrier. A Capesterre-Belle-Eau, c’était  pour nous  un second cimetière, à quelques centaines de mètres du vrai cimetière communal. A peine sorti du bourg en venant de Pointe-à-Pitre, les filaos languissants  semblent  avec résignation préparer le  cortège  de chaque côté de la voie. A l’époque, les vicaires devenus plus tard  évêques, nous avertissaient bien avant l’hôpital de funérailles à célébrer. Jean, neveu d’un des prêtres, se chargeait de l’encensoir  et moi  je portais  la croix. Enfants de chœur, nous n’arrivions plus à compter les victimes  de ces carambolages. Tant de larmes versées ne décourageaient point  les chauffeurs pressés d’entretenir la réputation  lugubre de  cette route qui marque une des entrées du bourg de Capesterre.


Et pourtant, cette  allée a toujours fait rêver avec ses arbres qui s’élancent vers le ciel d’un  bleu immaculé. Elle donne l’illusion d’émerger d’une forêt luxuriante en bordure de la mer.  Les palmiers à la file indienne de chaque côté surveillent la Soufrière, le volcan capricieux qui  surplombe l’île visitée par Christophe Colomb le 3 novembre 1493 .



A l’origine, c’était une allée avec une double rangée de palmiers royaux, plantés vers 1850. Les chevaux y avaient une véritable piste pour accélérer mais avec les chevaux-vapeur  les chevaux -machines trop puissants perdaient parfois la raison   sur  l’allée devenue route asphaltée avec son dénivelé d’antan. Les tragédies ne découragent pas les uns et les autres de revenir vers cet endroit paisible du nom d’un membre de la famille PINEL-DUMANOIR. L’Allée Dumanoir longue de plus de 1km avec ses quelques 400 palmiers royaux  reste majestueuse.  En l’espace d’un siècle, les cyclones et vent violents n’ont pas manque de décapiter quelques palmiers  qui leur résistaient avec arrogance tout en s’acharnant le  bananeraies  qui les  côtoient. Les palmiers comme les bananiers sont alors replantés  et ce tronçon de route en pleine verdure  retrouve très vite  un décor cinématographique. C’est d’ailleurs à l’Allée Dumanoir que les jeunes mariés viennent se faire photographier et figer leurs souvenirs  amoureux pour l’éternité. Le poète Saint-John Perse, de son vrai nom Alexis Léger a lui aussi maintes fois évoqué cette allée dans ses souvenirs d'enfance. Rien de surprenant pour celui qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1960   puisqu'il a grandi dans l'habitation Bois-Debout  juste à l’entrée de ce couloir magnifique.

                                         L'entrée de l'Allée Dumanoir par la  nouvelle route

Aujourd’hui, la route nationale a été déviée  et  l’Allée Dumanoir semble avoir retrouvé sa sérénité.  Les piétons et les automobilistes se réapproprient cette route prestigieuse qui est un  véritable patrimoine  pour cette  région qui m’a vu naître  et pour l’île  transformée en terre de champions sportifs le dernier en date cinq fois champion du monde de judo  Teddy RINER .
Textes et photos by Alex Uri

Sainte Marie de Guadeloupe et Christophe Colomb



Sainte Marie de Guadeloupe et Christophe Colomb


C’est le 4 novembre 1493, les caravelles de Christophe Colomb abordent les côtes de Karukera, l’île aux belles eaux. Le navigateur gênois de jeter l’ancre dans la partie sud est de la Guadeloupe pour permettre à ses hommes de se reposer et de se ravitailler. Ils débarquent ainsi à Sainte Marie, dans la ville de Capesterre-Belle-Eau.
L'île de Caloucaera "Karukera" (nom donné par les Caraïbes) fut rebaptisée "Santa Maria de Guadalupe de Estremadura". Chrostophe Colomb avait promis à des religieux de donner le nom de leur monastère à une île lors d'un pèlerinage qu'il avait accompli dans la région d’Estrémadure en Espagne au couvent de "Santa Maria de Guadalupe de Estremadura ».
Au début , les Caraïbes tolérèrent ces "marins de passage" et parfois même fraternisèrent avec eux mais la cohabitation ne va pas durer. En 1515 Ponce de Léon, glorieux conquérant de Porto Rico et Antonio Serrano installent définitivement des colons ibériques sur l'île. Conséquence : les rapports avec les Caraïbes vont rapidement se détériorer. Les Caraïbes les chassent violemment les envahisseurs. Une mission de dominicains espagnols est ainsi complètement anéantie en 1603.
Fatigués de se voir régulièrement mangés par les terribles guerriers caraïbes, les Espagnols abandonnent les Petites Antilles à leurs ennemis "les plus chers", les Anglais et les Français. Les conquistadors préfèrent dès lors les terres plus riches du Mexique et du Pérou.
Aujourd’hui, Sainte Marie est toujours un lieu où on se ravitaille. Il y a toujours sur la route des marchands de produits de la mer. Les voitures y font souvent une halte et les occupants viennent chercher du poisson.Textes et photos by Alex J. URI

dimanche 28 août 2011

Gil Thémine plaide en faveur d'un port en eau profonde en Guadeloupe


Gil Thémine plaide en faveur d'un port en eau profonde en Guadeloupe


Alex J. Uri : La Guadeloupe est un archipel et abrite comme d’autres îles des ports consacrés au commerce avec l’extérieur. Pourquoi aujourd’hui un tel engouement pour un port en eau profonde ?
Gil Thémine, Président du Port Autonome de la  Guadeloupe. Le port autonome de Pointe-à-Pitre est un établissement public de l’Etat dont l’impact économique et le rôle  ont largement été sous-estimés depuis sa création. Il a surtout été perçu comme un instrument au service des importateurs et non comme un vecteur de développement associé à une stratégie globale. Le port a été plus subi qu’utilisé comme un instrument à part entière du développement économique de la Guadeloupe.

 
 Port autonome de la
 Guadeloupe à Pointe-à-Pitre






Alex J. Uri, Rédacteur en chef (direction régionale de l’information à France Télévisions). Vous êtes président du Port Autonome depuis 2005. Qu’avez-vous fait pour corriger cette perception et  donner à ce port les ressorts pour qu’il devienne un  tremplin au développement économique de cet archipel dans la Caraïbe, ballottée par les effets pervers de la mondialisation ?
Gil Thémine. Les premières années ont été consacrées à l’observation et aux études mais aussi à l’examen des enjeux et des forces en présence. Elles permettent de constater que le Président du Port Autonome ne peut s’exprimer  que dans le cadre de relations de travail et de confiance avec un Directeur général (à ce propos, je rappelle qu’il est nommé en  conseil des ministres).
Un rapport récent du Sénat confirme que jusqu’à 2008, date à laquelle la réforme des ports autonomes devenus grands ports maritimes, la stratégie de l’Etat était peu perceptible par les différents acteurs. J’ai donc exploré d’autres enceintes  pour enrichir notre  réflexion. Ma participation  aux conférences de l’AAPA (Americana Associations of Port Authorities) m’a permis de comprendre que les travaux  initiés au Panama pour la réalisation  d’un troisième jeu d’écluses allaient profondément modifier le transport, le stockage des marchandises. Il y a aussi  l’augmentation mécanique de la taille des  navires qui appelle des tirants d’eau  supérieurs à ce que nous avons aujourd’hui.



Alex J. URI  En conséquence, si vous n’engagiez pas  une réforme  adaptée à  cette nouvelle problématique, le Port Autonome risquerait d’être hors jeu dans ce nouveau   commerce maritime.
Gil Thémine . J’ai convenu avec le Conseil d’Administration qu’il devenait urgent  de lancer un projet de grand port pouvant relever  ces nouveaux défis et donner à la Guadeloupe l’étoffe nécessaire pour jouer un rôle déterminant dans toute nouvelle  configuration en terme de trafic.


Alex J. URI : Comment va se réaliser ce projet de port en eau profonde ? Quelles sont les différentes étapes sur le plan administratif et politique ?
Gil Thémine : Trois conditions : tout d’abord l’accord de la tutelle, le ministère des transports, ensuite l’accord de la population, ce qui va être fait dans un débat public et c’est la première fois que cela se produit en Guadeloupe (il y a une commission du débat public et vingt communes y sont déjà inscrites). Enfin, la condition du marché. Ce marché sera sollicité dans le cadre d’un appel à projet international dont les réponses nous parviendraient à la mi septembre. Passé ce délai, nous saurons si notre projet intéresse la communauté portuaire internationale.


Alex J. Uri : Comment expliquer que vous ayez aujourd’hui les moyens de faire ce que d’autres n’ont pas envisagé  faute de concertation et de volonté politique ?
Gil Thémine : J’ai bénéficié d’une situation conjoncturelle propice : le trafic maritime mondial a chuté avant d’amorcer une nouvelle reprise depuis 2009. Cette reprise a focalisé l’attention des gouvernements des pays du monde entier sur l’importance vitale du trafic maritime. Moi, Guadeloupéen, j’ai saisi l’urgence et l’importance de ces questions dans la conjoncture nationale. A l’évidence, nous ne pouvions rester à l’écart des grandes réflexions sur ces secteurs d’activité sous peine d’être plus tard marginalisés. Ces réflexions mettent en lumière l’importance stratégique de ce secteur d’activité pour l’économie mondiale et bien évidemment caribéenne dans le contexte des relations Nord Sud ou Sud Sud.

Alex J. Uri : Quels sont les obstacles majeurs à la réalisation d’un tel projet de port en eau profonde ?
Gil Thémine : C’est le marché ! Ce sont les armateurs et l’opérateur privé qui doivent choisir la Guadeloupe comme nouveau hub de transbordement en considérant que sa position géographique est une des plus favorables et demandent à faire ajouter la construction d’un nouveau terminal. Cette construction doit être assortie d’une réflexion sur le statut fiscal et douanier de la zone.
http://www.portguadeloupe.com/fr/

Photos by Alex J. URI

                                                                       Alex J. URI

jeudi 25 août 2011

Carole Venutolo-Legrix: la soprano et le gwo ka





Carole Venutolo-Legrix: la soprano et  le gwo ka

Alex J. URI. Vous venez de créer un nouveau spectacle du nom de "L'OPERA-KA"? de quoi s'agit-il?
Carole Venutolo-Legrix.Il s’agit d’une rencontre improbable entre l’opéra et le gwo Ka ! J’ai voulu en tant que soprano passionnée d’opéra mais pas moins guadeloupéenne à l’écoute du gwo ka, trouver une plate forme de rencontre en créant un espace d’échange musical, tout en veillant à ne pas dénaturer ces deux types de musiques chargées d’histoire.L’opéra comme le gwo ka sont toutes deux des musiques passionnées  qui ont traversé le temps et qui nous parlent encore .C’est inédit et de l’avis des amoureux de la musique et du tout public, une rencontre heureuse !
Pour cela, je me suis entourée d’artistes guadeloupéens de talents : Jean-Michel LESDEL pianiste, Marie-Line DAHOMAY ambassadrice du Chant Gwo Ka, Stéphane NABAJOTH aux percussions, Vanessa RAMEAU au ka, et moi-même en tant que soprano lyrique.
C’est pour moi une étage supplémentaire dans le cadre de la démocratisation du chant lyrique que je poursuis depuis plus de 15 ans en Guadeloupe.

Carole Venutolo-Legrix à son bureau au WTC



Alex J. URI.Est-il vraiment possible de démocratiser l’opéra et en Guadeloupe en particulier ?
Carole Venutolo-Legrix.L’opéra est une musique indémodable qui a su trouvé un souffle nouveau dans le monde, notamment grâce à des ténors comme Pavarotti qui a ouvert les portes de cet art à un public nouveau, notamment par le biais de duos qu’il a osé faire avec des chanteurs de variétés.
Aujourd’hui, d’autres ambassadeurs de l’opéra dans le monde lui ouvrent les portes de nouveaux espaces d’expression, je pense au marché de Barcelone en Espagne qui a été l’année dernière le théâtre de représentations musiques où l’opéra s’est fait entendre.
Je suis convaincue qu’un art que l’on enferme est un art qui meurt.
En tant qu’amoureuse de l’opéra, je n’ai eu de cesse de faire des spectacles qui interpellent un public de plus en plus large pour faire découvrir cet Art de manière pédagogique. Ce fut le cas avec « OPERA SOLEIL » que j’ai présenté en 2007 et qui faisait l’opéra aller à la rencontre de Musiques contemporaines.
J’ai également fait la démarche en 2010 d’amener le chant lyrique à la portée du plus grand nombre en faisant la tournée des communes de la Guadeloupe et de son archipel pour chanter de l’opéra sur les places publiques en partenariat avec les municipalités.
Le retour a été surprenant de la part de personnes qui jusqu’ici se croyaient exclus de ce type de musique « élitiste ».
D’année en année, le public qui est intéressé par le chant lyrique s’élargit tant en nombre qu’en représentativité de l’ensemble de la population de la Guadeloupe.
C’est un travail de longue haleine mais passionnant où s’établit une rencontre profonde avec le public.
Alex J. URI.Est-il vraiment possible de démocratiser l’opéra et en Guadeloupe en particulier ?
Carole Venutolo-Legrix.L’opéra est une musique indémodable qui a su trouvé un souffle nouveau dans le monde, notamment grâce à des ténors comme Pavarotti qui a ouvert les portes de cet art à un public nouveau, notamment par le biais de duos qu’il a osé faire avec des chanteurs de variétés.
Aujourd’hui, d’autres ambassadeurs de l’opéra dans le monde lui ouvrent les portes de nouveaux espaces d’expression, je pense au marché de Barcelone en Espagne qui a été l’année dernière le théâtre de représentations musiques où l’opéra s’est fait entendre.
Je suis convaincue qu’un art que l’on enferme est un art qui meurt.
En tant qu’amoureuse de l’opéra, je n’ai eu de cesse de faire des spectacles qui interpellent un public de plus en plus large pour faire découvrir cet Art de manière pédagogique. Ce fut le cas avec « OPERA SOLEIL » que j’ai présenté en 2007 et qui faisait l’opéra aller à la rencontre de Musiques contemporaines.
J’ai également fait la démarche en 2010 d’amener le chant lyrique à la portée du plus grand nombre en faisant la tournée des communes de la Guadeloupe et de son archipel pour chanter de l’opéra sur les places publiques en partenariat avec les municipalités.
Le retour a été surprenant de la part de personnes qui jusqu’ici se croyaient exclus de ce type de musique « élitiste ».
D’année en année, le public qui est intéressé par le chant lyrique s’élargit tant en nombre qu’en représentativité de l’ensemble
La démocratisation de l’opéra en Guadeloupe est bien en marche.
site internet : carolevenutolo.com



Alex J. Uri.A-t-on les moyens en Guadeloupe de faire émerger des talents dans le domaine de l’opéra ?
Carole Venutolo-Legrix.De plus en plus de jeunes étudient le chant lyrique dans des conservatoires en France en Europe aux Etats-Unis.
L’intérêt auprès de ce public est grandissant, mais il faut avouer que malgré toute la bonne volonté des quelques professeurs basés en Guadeloupe, le manque d’encadrement et de moyens qu’offrent un véritable Conservatoire se fait cruellement ressentir.Alors bien sûr une exception sort parfois du lot comme avec cette élève qui a  remporté cette année le 1er prix du Conservatoire international de Musique Alfred de de Vigny à Paris alors que sa seule formation a été de prendre des cours de chant avec un professeur en Guadeloupe . Mais cela reste une exception !Il y aura toujours une différence entre « bon » et « excellent ». « L’excellent » est celui qui est sur la plus haute marche du podium entouré de « bons ». Si nous voulons prétendre gagner des concours et se faire reconnaître parmi les meilleurs, nous ne pouvons pas nous priver d’un conservatoire public qui permettrait au plus grand nombre de développer leurs talents.


CarcleCarole Venutolo-Legrix  et Alex J. URI  devant le WTC  à Pointe à Pitre, Guadeloupe

vendredi 19 août 2011

Couleur de peau stigmates et séréotypes

Couleur de peau stigmates et séréotypes







Patricia  BRAFLAN-TROBO , auteure  de couleur de peau  stigmates et stéréotypes aux Editions Nestor, explicite les mécanismes de création et de transmission  des stéréotypes, des préjugés, des éléments de la pensée sociale et des représentations sociales, particulièrement dans une société post-esclavagiste  comme la Guadeloupe.



« Jusqu’à maintenant, des postes de direction  et de commandement sont en  majorité occupés par des personnes dites blanches…


 Avril 2011


1-Alex J. URI -  la couleur de peau dans un pays tropical  où les gens sont   en général  « colorés »  peut –elle  vraiment être  un handicap ? N’y a-t-il pas là une contradiction ? En quoi peut –elle être source de conflits ?

Patricia  BRAFLAN-TROBO- Pas de contradiction   parce que ce pays tropical a une histoire et c’est précisément cette histoire  qui donne de l’importance  à la couleur de la peau  et pas seulement le soleil. Les rapports sociaux se sont  construits  dans le cadre d’un rapport de type esclavagiste. L’esclavage en ce sens  singulier aux Amériques qu’il a mis en relation deux groupes ethniques différents : le groupe des dits blancs et le groupe des dits noirs. Les sociétés actuelles  portent encore les stigmates  cette relation là. Autour des personnes dites  « noires » s’est construite une somme d’images et des stéréotypes que ces mêmes personnes ont intégrés et véhiculent. Ainsi, on entend  des expressions telles que «  complot à nèg  cé complot à chyien «  ou encore « nèg pas ka travay é pi nèg ». Ce sont des expressions bien connues qui  illustrent l’intégration des préjugés par les personnes qui en sont, elles -mêmes, les victimes. Jusqu’à maintenant, des postes de direction  et de commandement sont en  majorité occupés par des personnes dites blanches, ce qui permet de maintenir le continuum historique autour de la couleur de peau.

« Le syndrome de la  peau échappée existe toujours …»

2-Alex J. Uri-On parle beaucoup aujourd’hui de métissage. Est-ce que cela peut régler le problème ?

Patricia  BRAFLAN-TROBO- Non! Contrairement à tous les grands discours, la couleur de peau demeure problématique. Pourquoi ? Parce que  l’histoire de France  s’est construite autour de la supériorité de l’autochtone français blanc aux yeux bleus et qui aurait une mission civilisatrice. Donc revenir sur toutes ces certitudes, ces aprioris demande de déconstruire  une bonne part  de ce que le français « blanc » pense de lui et de son pays. Ceci reste valable  pour le reste de l’Europe.

3-Alex J. URI. Le syndrome de la » peau échappée » existe-t-il encore  tel que l’a décrit l’écrivain psychiatre martiniquais Frantz Fanon dans « Peaux noires et masques blancs » ?

Patricia  BRAFLAN-TROBO- Cela existe toujours ! IL imprègne de manière très subtile les inconscients des personnes parfois les plus avancées intellectuellement. Ces dernières sont parfois les plus influencées  par la problématique de la couleur de la peau en dépit de leurs discours. Il faut tout de même évaluer l’impact de judiciarisation des relations sociales. En effet , tous les procès intentés pour discrimination raciale ont tendance  à faire reculer  ce problème. Dans les relations de travail ( beaucoup reste à faire dans ce domaine) seule une politique publique et volontariste de la part de l’Etat dans la lutte contre les discriminations liées à la couleur de la peau pourra  réellement  donner des résultats.

Alex J. URI et Patricia BLAFRAN-TROBO à Pointe-à-Pitre, Guadeloupe


samedi 6 août 2011

A la recherche de ton trésor




A la recherche de ton trésor



Je voudrais te dire que je t’entends de loin
Même  si tu ne me parles point.
J’imagine tes lèvres  au service de tes pensées :
Celles qui voudraient me repousser
Mais surtout  celles qui cherchent à m’étreindre.
Je vois entre tes jambes un oreiller qui me ressemble.
Et qui se trouve là où je poserais bien ma tête.
Depuis ta rupture, les câlins ils te manquent
Mais tu ne  veux pas que   cela se sache.
Cela te rassure quand ils te courtisent
Cela t’effraie  quand ils ne cherchent qu’une servante.
Ne joue point à la femme rebelle
Quand d’un seul regard,  à distance, il te chavire.
Il te demande de te laisser prendre à l'abordage ton navire
Car c’est un pirate à la recherche de ton trésor.


Alex J. URI