mardi 28 février 2012

Les dieux s’affolent






Les dieux s’affolent

Vos lèvres sont humectées de ma prière.
Votre langue a des morsures car vous mentez
Vos yeux de vampire en étaient tourmentés.
Vos éclats de rire vous jettent dans une soufrière.

Les dieux, que vous implorez souvent, s’affolent.
L’amour infecté de vos extravagances
Ne semble plus jaillir d’une résurgence.
Ainsi se répand une tristesse folle.

Alex J. URI

25 février 2012

samedi 25 février 2012

amour et démesure






L'amour profond peut avoir besoin de la démesure pour s'exprimer".

Alex J. URI 
( 15 fevrier 2012 sur facebook)


jeudi 16 février 2012

Soigner en conscience





Soigner en conscience  by  Dr. Eliane CATORC
                                                              
Cette question m’a interpellée à maintes reprises tout au long de ma formation médicale et de mes expériences multiples et parfois très problématiques du soin. Les attentes de la société vis-à-vis de la médecine et des professionnels de santé, de plus en plus ambivalentes, faisant fi parfois de la dimension éthique du soin, sont venues exacerber cette interrogation.

En premier lieu, il s’agissait pour moi de  tenter de cerner la teneur du « prendre soin ».
L'activité médicale, quoique trop souvent polarisée par le désir de guérir une affection et volontiers envahie par les incontournables aspects techniques, suppose nécessairement la relation.
Cette relation avec un sujet souffrant est la visée essentielle du soin car « soigner » consiste fondamentalement à être là pour quelqu'un, avec quelqu’un. La dimension relationnelle étant primordiale dans le « prendre soin », il était pertinent de s’employer à repérer les différents écueils du rapport interpersonnel avec leurs spécificités dans l’activité médicale.
L’asymétrie relationnelle de départ, loin d’être ignorée, a été travaillée. Elle requiert une équilibration par un positionnement résolument éthique de la part du soignant.
Une relation féconde suppose l’ouverture à l’autre, la prise en compte de sa parole et de ses refus, l’acceptation des inévitables conflits, le renoncement à la domination, la reconnaissance des illusions de la neutralité et de la réalité des mouvements transférentiels, la nécessité d’une dynamique d’échange, l’identification de la complexité et la manifestation du caractère nécessairement éthique du rapport interpersonnel dans le cadre de la médecine…
L’exercice médical touche à l'intime de l’homme et place le soignant dans une position de particulière responsabilité vis-à-vis d’autrui. Cette responsabilité du professionnel, d'autant plus importante qu’autrui est vulnérable, loin de l’exclure, redonne à l’autonomie des sujets une juste place.
L’accueil la personne malade dans sa globalité et non pas limitée à sa seule corporéité, demande d’appréhender l’individu dans toutes ses dimensions, biologiques, psychologiques, sociales, culturelles et spirituelles. En dépit des recommandations nationales et internationales, la difficulté à admettre la pertinence de la spiritualité dans le « prendre soin » est bien réelle.
Une confusion entre spiritualité et aspects institutionnels des religions, une compréhension étriquée de la laïcité comme principe d’athéisme, une neutralité réduite à l’indifférence, une culture de service nivelant tout positionnement personnel, une pseudo rationalité donnant la primauté au jugement médical, une crainte du prosélytisme, une peur d’être intrusif ou d’être soi-même influencé, un manque de formation dans le domaine spirituel et une réticence à s’investir fortement au niveau relationnel, sont autant d’obstacles à étudier.
La question de l’éviction de la dimension spirituelle de la personne avec son impact sur la relation de soin a été abordée également du côté du soignant. Privé d’une ressource intérieure si précieuse, le soignant me semble singulièrement exposé à la privation de sens et au syndrome de «  burn out. »

En second lieu, le terme « en conscience » a été travaillé à partir de la notion de « soins consciencieux », de la définition de la conscience morale. Les exigences de celle-ci, ses éventuels conflits, et la question de sa liberté ont été développés.
La pratique médicale a pour espace la relation interhumaine, elle se déploie sur un fond de questionnement sur la vie, la souffrance, et la finitude. Le privilège thérapeutique résultant des nécessités de soin l’autorise à affecter les personnes en leur corps. Elle est par conséquent un lieu de grande interpellation éthique comme l’atteste la forte déontologie des professions de santé.
Parce que les actions du soignant touchent autrui, un autrui, en situation de particulière vulnérabilité du fait de sa souffrance, il doit porter un jugement moral sur ses actions et agir en conscience.
La nécessité d’œuvrer en personne morale conduit à interroger la liberté de conscience et à l’éprouver par la possibilité d’objecter.
La responsabilité morale effective n’est en effet concevable que si le soignant est réellement libre d’agir en conscience. L’éthique n’a de teneur que parce que l’homme est un sujet apte à réfléchir, à vouloir, à décider, à poursuivre des buts ; une personne libre d’agir ou pas.
Cette liberté devra parfois être signifiée par le recours à la clause de conscience.
Qu’est-ce qu’une conscience libre s’il lui est dénié le droit d'objecter ?
La liberté, pour le soignant de poser ou non des actes en conscience, au nom des valeurs morales qui l’animent et qui constituent parfois le fondement de l’engagement professionnel, a été confrontée à la question des avortements volontaires.
L’analyse minutieuse de l’évolution législative a mis à jour des oppositions plus ou moins subtiles à l’exercice de l’objection de conscience des soignants. La disqualification des motivations des professionnels et la négation de la question morale de l’avortement témoignent d’une réelle difficulté pour une partie de la société à reconnaître l’importance de garantir l’intégrité morale des agents de santé.
Or, le soignant se doit de résister aux pratiques, qui menacent les valeurs du soin, mais qui en outre, sont susceptibles de nuire aux personnes dont il a la charge.

L’obligation de suivre sa conscience implique l’exigence de former cette conscience.
Cependant, le contexte actuel, qui préjuge de la possibilité de faire abstraction du discernement du bien et du mal et qui propose alors des éthiques sans substance, loin de témoigner d’un véritable pluralisme éthique, est favorable à un relativisme des valeurs conduisant de fait à l’hégémonie du matérialisme biologique et du scientisme.


Le modèle de médecine qui en résulte aujourd’hui demande à être interrogé.
Les repères, proposés au soignant par sa formation, le laissent bien souvent fort démuni face à la suprématie de la technoscience et bien peu armé pour résister aux dérives de la médecine vers des contrées parfois fort éloignées de ses valeurs d’origine.

La vision contractualiste de l’activité médicale, qui correspond fort bien aux attendus d’un libéralisme économique et politique soutenu par la technoscience, aboutit fort logiquement à une gestion administrative de la santé, au détriment des personnes et de leurs valeurs. Cette vision favorise une dérive marchande de l’activité médicale avec tous les risques de juridicisation et de nivellement de la responsabilité éthique du soignant en responsabilité exclusivement juridique.
La relation de soins, en déficience de repères éthiques, est appréhendée comme une simple transaction commerciale et juridique, entre deux partenaires.
L’autonomie des sujets est fort logiquement mise en avant dans un tel modèle de type économique, mais se réduit alors faussement en une autodétermination égocentrée.
L’activité médicale est désorientée par la primauté donnée de nos jours aux désirs et à l’émotionnel au détriment de la réflexion éthique. Auto détermination orgueilleuse et pseudo-compassion, ignorant le bien commun véritable, tendent à s’imposer comme les moteurs de l’agir médical.
La revendication opiniâtre d’un « droit à mourir», est à cet égard assez révélatrice de la distanciation d’avec les valeurs du soin et de la forte tendance, de nos sociétés désormais régies par une « éthique du désir » très individualiste, à instrumentaliser les soignants.
Cette évolution est incontestablement génératrice de souffrances pour les personnes abandonnées à la toute puissance de leurs désirs dégradés en envies, au dictat de l’opinion publique et à la faillite de l’espérance.
Le professionnel de santé, quant à lui, doutant de plus en plus du sens de ses actions et de sa propre identité est de plus en plus menacé d’épuisement professionnel. A l’inévitable exposition à la souffrance d’autrui, s’ajoutent l’ébranlement du sens, la défaillance des valeurs du soin, et l’ambivalence d’une société, en carence de lien relationnel, et de moins en moins étayante pour les personnes.


Soigner en conscience s’avère donc de plus en plus un véritable défi. Dans un contexte sociétal favorisant l’abrasion des consciences et la déshumanisation des rapports interpersonnels, les soignants, ont la responsabilité morale d’attester par leurs pratiques des valeurs véritables du soin, pour être fidèles à l’appel à répondre de l’autre en respectant sa véritable autonomie.

 
Eliane Catorc
Unité de soins palliatifs
Hôpital Clarac
CHU de Fort de France
Martinique
Soigner en conscience

http://charlescatorc.unblog.fr/files/2011/03/soignerenconscience.pdf


mercredi 15 février 2012

Sapotille et Corossol






Sapotille et  Corossol

Ma Sapotille,

Je voulais tant venir vous voir avec un bouquet d’hibiscus  à la main pour la Saint Valentin. Je tremblais de sentir ce baiser que vous aviez jusqu’à présent emprisonné  mais que vous auriez  souhaité tant libérer.

Je voyais déjà  la Soufrière , dénudée de ces nuages  pour rester immobile  car séduite par la combustion qu’elle allait ressentir elle-même dans  ses propres entrailles. Elle laissait tout de même échapper quelques fumées blanches montrant sa discrète ébullition.

 Je m’imaginais les contractions que pouvaient provoquer sur votre ventre impatient votre désir de me posséder moi aussi sans jamais  me l’avouer. Chaque fois que vous me disiez que vous ne m’aimiez point, votre cœur vous trahissait  par une accélération. Tout était  une question de rythme cardiaque.

 Je finissais par en avoir des échos, quand dans la nuit nos âmes s’asseyaient sur les bancs publics de la  place de l’église. Là vous étiez dépouillée et vous vous amusiez sur moi à califourchon. Vous m’enlaciez le cou et me caressiez la tête. Vous chuchotiez à mon oreille qu’après Dieu, vous  n’aviez qu’un seul amour et que vous prendriez le temps de le déguster à petite dose  comme un corossol moelleux et sucré.

Je vous avais déjà trouvé cette robe fleurie qui ressemblait à celle  de ma grand-mère. Je sais bien que allez me traiter d’enfant gâté. Ma Sapotille, je vous adore mais, s’il vous plaît, veuillez chassez de votre esprit toute mauvaise pensée sur l’éducation et l’amour qu’a su me donner Man’Nor. Je comprends… vous ne supportez point cette concurrence affective. Pour vous rassurer, elle habite au cimetière depuis bien longtemps.
« Vous vous  trompez. Je l’aime votre grand-mère. Elle a introduit chez mon  tigre du Bengale de la tendresse qui me fait me fondre, avant même qu’il me dévore quand je le veux ».

 @ 2012  Alex  J. URI Ma Sapotille, Sapotille et Corossol

15 février 2012

lundi 13 février 2012

Le roi



 
Le  Roi

Je suis tout-puissant
On a voté pour moi
C’est moi, avec la sacro-sainte majorité,  qui ai gagné.
Je ne reconnais  plus  les visages  qui défilent devant moi
Qu’ils fassent des sourires ou des grimaces,
Je suis le roi.
Une espèce à part
Qui prend toujours sa part,
Qui a toujours sa cour
Devant qui il faut arriver tête basse.
Je suis l’empereur qui ne dit pas son nom
Je suis le Président-directeur général de toutes  les entreprises
J’ai le droit de vie et surtout celui de mort lente sur votre carrière.

Alex J. Uri
29 janvier 2012

L'abreuvoir


L’abreuvoir

Le soleil se couche. La tristesse s’installe
Elle arrive arrimée de solitudes
Avec sollicitude. Par habitude
Elle colle à votre peau comme une éristale.

Mes paupières trop fatiguées  me trahissent.
Persiennes de mon âme,  elles laissent entrevoir
Le corps de ma bien-aimée dans un abreuvoir,
Une beauté noire avant qu’ils l’envahissent.

         Ô douleur ne la rappelez plus sans gêne        .
Seul l’amour immaculé peut ressusciter
De la chair sans âme et sans oxygène.

Une gloire affiche ainsi sa  duplicité
  Avec une dépouille  sempiternelle,
cherchant la paix et la  lumière éternelles.



Alex J. URI
12 février 2012




jeudi 9 février 2012

Désir




Désir

Je sens jaillir de vous la flamme du désir.
Même l’eau remonte sa température
Cheveux emmêlés sortant des écritures
Une déesse comme vous trouve son plaisir.


Alex J. URI
8 février 2012