vendredi 6 février 2015

la belle créole et le tramway






La belle créole  et le tramway



Le parfum de vanille de Joséphine

Sur le quai du tramway parisien, vous marchiez comme une fiancée  cherchant à séduire un futur époux regardant un défilé de mode  dans un kiosque à musique de la place de la Victoire  à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
Ces rythmes traditionnels dans la tête faisaient chalouper vos hanches,  enveloppées d’une jupe longue en voile de  soie rose poudrée et balancer vos jambes sur des escarpins talon découvert dans le même ton.  J’étais là de l’autre côté du quai. Je vous appelais mais vous ne m’entendiez pas. Les voyageurs  à la file indienne me regardaient comme si je venais de déclamer quelques vers d’un poème exotique. Nous venions de leur apporter un peu de clarté dans les ténèbres de leur vie. J’apercevais votre nuque que le soleil léchait. Dans nos esprits, vous, Joséphine vous faisiez resurgir des paysages tropicaux et votre parfum senteur de vanille venait taquiner nos narines. Joséphine, vous ne m’autorisez point encore à vous appeler  ma chérie mais j’en ai une terrible envie. Que se passe-t-il en moi pour que je décide d’attendre un signal, d’être patient avec vous, d’essayer de vous comprendre, de penser à vous  de rêver de vous et enfin de vous désirer ?
J’ai l’impression que  cela fait un moment que nous faisons l’amour, comme si votre corps et le mien se reconnaissent de manière instinctive. Tout cela est nouveau pour moi et retourne mes sens. J’ai brusquement chaud, j’ai soif, j’ai bien envie de boire votre eau de coco pour me désaltérer. Nos regards se croisent à travers la vitre du tramway mais vous êtes encore dans vos rêves.

La belle créole et le tramway by Alex J. URI
PARIS, le 6 février 2015

dimanche 1 février 2015

Le ministère des Outre-mer et la littérature uttramanrine





Le ministère des Outre-mer et la littérature ultramarine


J’ai participé à cette table ronde sur les littératures ultramarines un sujet d’actualité et séduisant à lumière des prix décernés récemment à des auteurs nés en outre mer ( Par exemple, prix Femina 2013 pour La Saison de l'ombre à Léonara MIANO (Cameroun),Prix Femina 2014 pour Bain de Lune à Yanick LAHENS (Haïti) , Dany Laferrière (Haïti)Académie française, et bien évidemment, d’autres plus anciens tels que Patrick CHAMOISEAU prix GONCOURT 1992 pour Texaco, René Maran, prix Goncourt en 1921 ).

C'est une excellente initiative de la part du ministère de l’Outre-mer. Nous aurions pu enrichir l’ organisation de cette table ronde et l’ouvrir à des auteurs ultramarins qui n’auraient pas manqué d’interroger les auteurs invités et de créer une dynamique pour la défense d’une littérature bien étable mais qui doit faire ses preuves de manière permanente.
J’ai ainsi illustré nos difficultés en expliquant mes deux expériences e de publication, l’une en auto-édition soutenue par une collectivité publique( Musiques et Musiciens de la Guadeloupe)et l’autre ( Alexander et Teresa avec un éditeur local). A l’époque en 1991 écrire un ouvrage de référence sur les musiques de la Guadeloupe pourtant reconnues sur le plan international, ne semblait pas intéresser les éditeurs. Il a fallu la volonté d’un journaliste bilingue Guadeloupéen, d’une musicologue guadeloupéen et d’un médecin, Président de Région et pianiste pour relever le défi.
 Ce livre a sans aucun doute contribué à la reconnaissance du gwo ka à l’UNESCO
Alexander et Teresa , un roman de 2012 s’appuie sur les caractéristiques psycho-sociologiques d’une famille caribéenne mais qui a une dimension universelle. L’expérience avec un éditeur local permet de mieux orienter ses objectifs de diffusion dans l’avenir.

Il est évident qu’on voudrait nous faire croire que nous ( écrivains  de ou pour l’Outre-mer) ne correspondons pas au profil marketing de certain grands éditeurs. Ces derniers semblent avoir déjà fait leur devoir en attribuant des prix à quelques auteurs ultramarins et ont pu faire du politiquement correct en matière de diversité. Aujourd’hui ,les nouveaux auteurs n’attendent pas des lauriers venus des conciles de représentants de ces éditeurs . Ils ont pris conscience de la richesse de leurs cultures et sont prêts à la valoriser même si ils devaient chercher un marché étranger. Les nouvelles technologies ont le mérite de démocratiser l’édition et séduire des auteurs qui n’avaient les moyens de se faire connaitre.

Le ministère de l’Outre-mer, aujourd’hui attaché aux recherches sur la mémoire de la traite et de l’esclavage peut renouveler cette expérience de ta table ronde qui recueillerait les avis et des uns et des autres pour donner une nouvelle impulsion à cette littérature d’Outre-mer. Elle a, sans aucun doute ,  un avenir prometteur et mérite un rayonnement international.
J'ajoute que la présence et la participation effective à cette table ronde de George PAU-LANGEVIN , la ministre des Outre-mer montre bien tout l'intérêt qu'elle porte à ce qui est aussi un patrimoine.De passage à PARIS, Maître Caroll LAUG de Guadeloupe, 3ième adjoint au maire de l'Anse Bertrand a annulé ces rendez vous du Paris by night pour répondre à l'invitation de la ministre.
Patrick FROISSART , un des auteurs et directeur éditorial à I Paginations partage des éléments de mon intervention.:" L'intérêt soulevé de toute évidence par le thème de cette soirée que la plupart des personnes présentes auraient aimé poursuivre me laisse à penser qu'elle devrait être le prélude à une série de conférences/débats sur les littératures ultra-marines. Cette première table ronde sur ce thème avait pour objet d'accompagner et d'illustrer la sortie du roman de Christophe Vallée et de mon recueil de poésie. Nous n'avions pas envisagé d'entrer "en profondeur" dans le sujet. L'engouement du public doit être pris en considération, et servir d'argument pour proposer au Ministère d'aller plus loin en organisant d'autres soirées consacrées au thème, avec la présence d'écrivains ultramarins."
Paris le 1 février 2015 Alex J. URI alex.uri@francetv.fr























Table ronde sur la littérature des Outre-mer   



                     

































mardi 27 janvier 2015

Les câlins, les mains et le miel



















Les câlins, les mains et le miel

Le temps et  mon humeur étaient à contretemps. Les images d’Alexander me galvanisaient, alors que les précipitations de ces derniers jours arrivaient en rafales et m’attristaient. L’atmosphère lourde à la maison s’était mise au diapason de ce climat venu lourd et irrespirable

Des pensées porteuses de désirs  trottaient dans ma tête et commençaient à passer en boucle en se diversifiant. Si j’essayais de les évacuer, elles  faisaient comme  une souris que l’on chassait  mais qui revenait vous narguer, grignotant  paisiblement une miette  de pain négligemment oubliée près du fauteuil dans lequel votre esprit vagabondait. Ces sensations de le retrouver, lui qui était à 10 000 kilomètres de moi mais aussi ces besoins immédiats de câlins, avaient ensoleillée mes journées de grisaille, de vent et de pluies.
J’avais déjà envie de pouvoir retourner à la mer, bientôt... le plus tôt possible. Je voulais ressentir le flux et le reflux des vagues comme les mains d’Alexander qui me caressaient le dos.

Aujourd’hui, l’onde amère, bouleversée, elle a charrié  sous l’impulsion des tempêtes, beaucoup  d'herbes et d'algues du fond de l’océan. Elle donnait l’impression de  vouloir  se purger elle aussi...comme moi-même. Elle voulait se nettoyer en raclant   ses entrailles. Pour se renouveler, elle se   salissait. Sa couleur gris de plomb, ces jours-ci,  reflétait le ciel plombé de gris à l'horizon.

Je m’accrochais à son sourire et  j’avais entendu sa voix Ses paroles tournaient autour de moi  comme des abeilles autour d’une ruche .Elles avaient butiné pendant plusieurs jours. Dans la nuit, je  sentais couler en moi du miel .

Les rêveries tropicales d’Alexander
By Alex J. URI

Paris le 27 janvier 2015

vendredi 23 janvier 2015

Baisers créoles








Baisers  créoles



Dans les Mascareignes, le ciel bleu s’était obscurci  et la mer ballottée, au diapason de mon âme en pleurs, s’assombrissait à chaque averse que lui crachaient les nuages en colère. 
Je ressentais ma vie comme  un cataclysme que le soleil  des Caraïbes cherchait benoîtement à embellir. Je venais d’envoyer à Alexander une de mes photos prise  sur la plage  de mes rêves pour le réchauffer car les murs de son  appartement  grelottaient  dans ces cités d’hiver  rejetant la diversité.
 J’étais blonde et je peux vous assurer  que c’est une force d’attraction même à des milliers de kilomètres.
 Les contours de mon  bodybuilding donnaient le vertige   à ceux qui me voyaient  au bras de mon mari par trop détaché. Alexander lui était un esthète et serait tombé amoureux d’une princesse qui semblait le négliger.
Si par hasard, il était en quête de bonheur fugace ma photo serait  de nature à faire monter sa température et sa tension artérielle.
Il pleuvait des cordes et sur la véranda je mangeais des goyaves de Chine rouges violacées appelées goyaves-fraises aux Antilles et goyaviers à la Réunion. Il y avait quelque chose de crémeux  et au cœur de ces fruits là.
J’avais le cœur révulsé  par tant d’indifférence, si peu d’amour, d’humanité  et d’harmonie car ma vie d’épouse s’effilochait. Le mauvais temps s’était attardé sur la baie. Dans mon ciel  couvert et orageux, un éclair m’illumina. J’ai ressenti une vague de chaleur en pensant à lui. Il venait avec une éclaircie que je n’attendais plus.

Les rêveries tropicales d’Alexander by Alex J. URI
Paris le 24 janvier 2013


vendredi 9 janvier 2015

Violences et Liberté











Violences et Liberté

Face aux violences qui exécutent certains d’entre nous dans ce monde dit civilisé,
Face à des violences qui, au quotidien, nous défigurent,
Face à ces violences multiples qui nous asphyxient,
 il faut chercher, à tout prix et sans relâche, à parler d’Amour, avant qu’il ne soit trop tard.
L’urgence n’est pas seulement d’enterrer nos morts pour la liberté mais aussi  surtout de veiller à ce que cette liberté ne meure avant d’avoir vécu.

Alex J. URI 
Paris le 8 janvier 2015




jeudi 8 janvier 2015

mardi 6 janvier 2015

la brise et l'hibiscus













La brise et l’hibiscus

« Sofja, mon adorée,

Je suis comme cet hibiscus que caresse la brise. Je sens le souffle de vos narines qui balaie  mon cou et vos cheveux sauvages qui me chatouillent le pavillon de l’oreille gauche.
Je ressens  la peur qui vous enveloppe. Moi, je n’ai plus  peur dans le noir depuis que je vous ai  rencontrée. J’ai l’impression d’entendre vos pas  dans la nuit qui m’offre des étoiles. Vous scintillez à travers mes nuages et, Sofja,  je supplie le ciel  de se rapprocher de moi.
Vous êtes à l’image de l’étoile des rois  mages, chargés de cadeaux pour un messie. Je m’engloutis dans ce mystère pour que nos astres jouent à cache-cache.
Alexander,

Paris le 6 janvier 2015 »
Les rêveries tropicales
d’Alexander by Alex J. URI